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Durant le demi-siècle qui a suivi immédiatement la
Proclamation
royale, les gouvernements des colonies de l'Amérique
du Nord ont entamé la signature d'un certain nombre de traités
de paix et territoriaux avec les peuples autochtones,
afin de conserver leurs alliances tout en acquérant des terres
pour la colonisation et le développement des ressources.
Toutefois, durant cette période, l'équilibre des
pouvoirs a commencé à pencher en faveur des Britanniques
qui consolidaient leur contrôle. Le pragmatisme qui a incité
la Couronne
britannique à protéger les intérêts des
autochtones dans la Proclamation royale a cédé
la place au paternalisme britannique, à une politique d'assimilation
et à l'attitude que les autochtones étaient des sujets
britanniques - et non pas une nation indépendante et égale.
Sujets abordés dans cette section :
Le traité de Niagara, 1764
Le traité de Fort Stanwix, 1768
Le traité de Paris, 1783
Les traités du Haut-Canada, 1764-1836
Le traité de Jay, 1794
Autres documents intéressants ou importants
Le traité de Niagara,
1764
Le traité de Niagara a créé une nouvelle
chaîne
d'alliance entre la Grande-Bretagne et les nations autochtones
situées à l'ouest des Grands Lacs, dont la Confédération
iroquoise
et les nations algonquine
et huronne.
La Grande-Bretagne avait été en guerre avec quelques-unes
de ces nations depuis 1760.

Droit d'auteur/Source
Les Britanniques étaient représentés
par sir William
Johnson, qui a réaffirmé les relations historiques
entre les deux groupes et a offert des solutions aux problèmes
qui les divisaient. Ce traité résulte de la Proclamation
royale de 1763 qui proposait des ententes justes et délibérées
entre les Britanniques et les autochtones au sujet des terres.
Le Congrès de Niagara s'est tenu en juillet 1764 et incluait
des membres de 24 nations autochtones, ainsi que des officiers de
la Couronne. Plus de 2 000 personnes étaient présentes.
Les promesses faites par Johnson durant ce congrès furent
préservées sur des ceintures de wampum qui furent
tissées avec des centaines de billes de coquillages colorés.
Ces ceintures ont composé la Ceinture des vingt-quatre nations
(Twenty Four Nations Belt) qui a décrit l'événement.
La Ceinture des présents annuels (Annual Presents Belt)
montre vingt-quatre figures (représentant les nations autochtones)
se tenant par la main entre un bateau (la Grande-Bretagne) et un
rocher (l'Amérique du Nord). Pour les autochtones, la promesse
qui leur avait été faite était que le roi donnerait
toujours des cadeaux, à chaque année, aux 24 nations
représentées sur la ceinture. Si jamais les Britanniques
oubliaient cette promesse, les autochtones formeraient une alliance
pour soutirer le « bateau » de la Grande-Bretagne.
Johnson a promis ces cadeaux pour « aussi longtemps que le
soleil brillera et que l'herbe poussera, et que les Britanniques
porteront des tuniques rouges ». Ces promesses allaient toutefois
être graduellement discontinués dans le Haut-Canada
à compter de 1836.
Ces promesses furent récitées pendant près
d'un siècle au cours des cérémonies annuelles
d'échanges de cadeaux. Les autochtones considéraient
l'importance des biens matériels qui leur étaient
offerts - couvertures, pipes, fourrures, et divers outils de qualité
bien supérieure à ceux obtenus des marchands de fourrures.
Mais ils plaçaient autant d'importance sur le caractère
symbolique du partage et du respect qui unissaient les Britanniques
et les nations autochtones au cours de ces cérémonies.
Durant la guerre de 1812, les autochtones ayant pris part au traité
ont combattu du côté des Britanniques, car ils se croyaient
liés par ce traité à la cause des Britanniques.
Le traité de
Fort Stanwix, 1768

Droit d'auteur/Source
Même si ce traité ne concerne pas les territoires
situés dans ce qui est aujourd'hui le Canada, il est important
car il s'agit du premier traité majeur touchant des transferts
de territoires signé après la Proclamation royale.
Il a été conclu entre des marchands de fourrures de
la Pennsylvanie, une des treize
colonies, qui avaient poursuivi le gouvernement britannique.
Les marchands voulaient obtenir une compensation pour les dommages
encourus durant les révoltes autochtones contre les colons
européens autour des Grands Lacs au milieu des années
1760.
En 1768, le Département britannique des affaires indiennes
a décidé de compenser ces compagnies en leur donnant
des terres. Le traité qui fut signé à Fort
Stanwix, New York, a repoussé la frontière séparant
le territoire indien
des colonies vers l'ouest, jusqu'aux rives de la rivière
Ohio. Environ 3 400 Iroquois étaient présents pour
la signature.
Les alliés des Britanniques, tels que les Iroquois, ont
reçu des terres dans l'ouest de la colonie de New York. D'autres
tribus, comme les Shawnis, ont perdu des terres. Ceci a causé
de l'amertume entre ces nations pour de nombreuses années.
Certains autochtones croyaient aussi que ce traité était
une promesse des Britanniques à l'effet que jamais d'autres
terres situées à l'ouest de la rivière Ohio
ne seraient cédées aux colons, et que la rivière
serait pour toujours une frontière internationale entre les
colonies européennes et les nations autochtones.
Mais en fait, ce traité donne l'impression d'encourager
la poussée de la colonisation anglo-américaine vers
l'ouest. En 1784, les Iroquois allaient être forcés
de signer un deuxième traité à Fort Stanwix
et de céder d'autres terres.
Le traité de Paris,
1783
Le traité de Paris, 1783, a créé
une nouvelle frontière internationale entre les nouveaux
États-Unis et la colonie britannique de Québec, à
l'intérieur de la région des Grands Lacs. Mais ce
traité a ignoré les promesses faites par les Britanniques
à leurs alliés des deux côtés de la nouvelle
frontière - en particulier, la Confédération
iroquoise - lors des ententes de la chaîne d'alliance et du
traité signé à Fort Stanwix en 1768. Les autochtones
n'ont jamais été invités à participer
à la signature du traité, malgré le fait que
plusieurs Mohawks
ont combattu du côté des Britanniques durant la Révolution
américaine. Ces autochtones avaient jugé que les
Britanniques seraient moins à même que les Américains
d'empiéter sur leurs terres et d'interférer dans leur
mode de vie.
Mais à Londres, le gouvernement britannique s'intéressait
peu au droit des autochtones de participer à ces négociations,
car il espérait maintenant poursuivre ses propres visées
impérialistes
dans ce qui lui restait de sa colonie nord-américaine et
de ses alliés autochtones.
La nouvelle de cette trahison choqua les loyalistes
de la Confédération iroquoise. Pour apaiser cette
faction, le gouverneur du Québec, Frederick Haldimand, a
décidé d'offrir en 1784 deux parcelles de terre près
du lac Ontario aux Iroquois qui étaient demeurés fidèles
à la Couronne.
Une entente fut conclue avec les Indiens
Mississaugas
à qui appartenait cette terre, entente qui allait éventuellement
aboutir, près d'une décennie plus tard, à la
création de la réserve des Six-Nations, située
près de l'emplacement actuel de Brantford, en Ontario.
Les traités du Haut-Canada, 1764
- 1836

Régions des traités du Haut-Canada
Au cours des années qui ont immédiatement suivi la
Proclamation royale, de nombreux traités furent
signés avec les autochtones pour les amener à céder
de petites parcelles de terres dans la province de Québec
(qui deviendra le Bas-Canada) en échange de petites sommes
d'argent, des cadeaux et des terres plus petites sur des réserves
créées spécifiquement pour les autochtones.
Des sommes d'argent étaient généralement payées
annuellement aux autochtones pour un certain temps après
la conclusion de ces ententes. Plusieurs de ces traités étaient
signés pour que les Britanniques puissent utiliser des terres
pour la colonisation, la construction de routes, d'églises
qui aideraient à « christianiser » les autochtones,
et autres choses.
Un abus en particulier, les traités
en blanc - où les chefs autochtones signaient la cession
des droits
territoriaux de leurs tribus sur un document laissé en
blanc - était d'usage courant.
Plusieurs de ces traités étaient rédigés
hâtivement et négligemment, surtout durant les années
1780 et au début des années 1790, lorsque les Britanniques
devaient affronter un afflux de colons loyalistes émigrant
des nouveaux États américains vers les rives au nord
des lacs Érié et Ontario. John
Graves Simcoe, le premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada,
fut responsable de l'acquisition et de la distribution de ces terres.
Les représentants britanniques faisaient souvent des promesses
verbales hâtives aux autochtones sans jamais se donner la
peine de les écrire, simplement pour faire avancer les choses
et obtenir plus rapidement des terres pour l'agriculture et la colonisation.
Parce que les autochtones accordaient plus de valeur à leur
tradition orale qu'aux documents officiels écrits, ils devaient
se plaindre plus tard que les Britanniques n'avaient pas respecté
leurs promesses.
Bien que des efforts furent faits, à compter de 1794, pour
assurer plus d'équité envers les autochtones de cette
région lors des procédures entourant les traités,
des revendications territoriales sont demeurées en suspens,
surtout en ce qui a trait aux traités laissés en blanc.
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Le traité connu sous le
nom de Gunshot accordait aux Britanniques
des droits territoriaux qui s'étendaient
le long du lac Ontario, depuis l'ouest de la ville
actuelle de Toronto jusqu'à l'est de la
baie de Quinte. Les autochtones ont cédé
leurs droits territoriaux dans la région
située au nord des Grands Lacs sur une
distance correspondant à la portée
du son d'un coup de fusil - près de 20
kilomètres - en échange de cadeaux
annuels.
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Le traité de Jay, 1794
En théorie, le traité de Jay n'était
pas un traité avec les autochtones, car il avait été
signé entre le gouvernement britannique et les États-Unis.
Par contre, il touchait les autochtones du Canada, en particulier
ceux des Six-Nations.
Après la Révolution américaine, les autochtones
des nouveaux États américains ont commencé
à se faire repousser plus à l'ouest par les colons
blancs. Les Britanniques ont aussi continué à envoyer
des soldats dans les garnisons de l'ouest. Des expéditions
de cavalerie américaines à l'intérieur de la
vallée de l'Ohio au début des années 1790 ont
fait face à une vive résistance et à des conflits
avec les autochtones, lesquels ont abouti, en 1794, à la
bataille de Fallen Timbers. Les autochtones ont perdu cette bataille
près de la ville actuelle de Toledo, Ohio, avec le résultat
final que la colonisation blanche a effectué une nouvelle
percée vers l'ouest.
Afin de prévenir la guerre avec les États-Unis au
sujet des droits
territoriaux autochtones et la création d'un État
« tampon » entre les colons et les autochtones, la Grande-Bretagne
a négocié une entente de paix. Ils ont consenti à
retirer tous les officiers de la Couronne de leurs postes au sud
des Grands Lacs avant juin 1796. En retour, les Britanniques ont
obtenu la permission pour les autochtones de traverser librement
la frontière canado-américaine.
Ceci fut fait en partie par souci pour les alliés autochtones,
mais aussi pour s'assurer que le commerce des fourrures puisse continuer
- car les marchands de Montréal comptaient sur les fourrures
apportées par les autochtones du nord de la vallée
du Mississippi.
Au cours des derniers temps, le gouvernement américain a
considéré le traité de Jay comme une
entente qui accorde à ceux qui possèdent le statut
d'Indien le droit de travailler et de vivre librement au-delà
de la frontière. Mais le gouvernement canadien ne l'entend
pas ainsi. Cette différence d'opinion légale a souvent
été contestée devant les tribunaux par les
tribus des Six-Nations, dont les terres ancestrales sont divisées
en deux par la frontière canado-américaine.
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Lorsque le traité de
Jay fut signé, les Français
furent vexés qu'il permettait aux Britanniques
de confisquer des marchandises françaises
à bord des vaisseaux américains.
Les Français ont rappelé leur ministre
des États-Unis et ont commencé à
saisir des vaisseaux américains voguant
sur l'Atlantique.
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Autres documents intéressants
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