 |
Version PDF | Version
Word | Format texte riche | Format
texte
Le Canada a hérité de deux systèmes de justice
: le droit civil des Français et la common law des
Anglais. Cette page décrit chaque système et raconte
leur histoire en ce qui concerne le Canada
La common law britannique
Droit civil
Bibliographie
Sujets connexes :
Le Comité judiciaire du Conseil privé
La Constitution écrite et non écrite
Le gouvernement représentatif
Le gouvernement responsable
L'histoire constitutionnelle
du Canada
La common law britannique
Définition
La common law britannique, également appelée
droit traditionnel, est un droit qui a évolué à
partir des décisions des tribunaux britanniques depuis la
conquête normande en 1066. Ces anciennes décisions
ont établi des " précédents " qui
ont été établis dans des affaires ultérieures
de nature similaires. Les précédents peuvent être
annulés par de nouvelles lois, ou statuts, adoptées
par le gouvernement approprié.
La common law est aujourd'hui appliquée dans la plupart
des pays colonisés ou régis par les Britanniques.
Au Canada, le droit de toutes les provinces, sauf le Québec,
est basé sur la common law.
Les débuts de la common
law
La common law canadienne est née en Angleterre et,
jusqu'en 1949, les décisions et les progrès du droit
anglais ont été incorporés dans la common
law canadienne. Les autres documents législatifs et décrets
ont également une incidence, rétroactive jusqu'à
800 ans. Toutefois, à mesure que le temps passe et que de
nouvelles lois sont adoptées, cette incidence diminue. En
voici des exemples :
- Grande Charte de 1215 (Angleterre)
- Pétition des droits de 1629 (Angleterre)
- Déclaration des droits de 1689 (Angleterre)
- Acte d'établissement de 1701 (Angleterre)
Selon la tradition britannique, il incombait au Parlement
de protéger les droits des personnes. Cette pratique a été
suivie au Canada jusqu'à l'adoption de la Loi
constitutionnelle de 1982 qui fixait les droits individuels
selon le modèle américain dans la Charte canadienne
des droits et libertés.
La common law au Canada
avant 1867
Terre-Neuve, l'Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick
et la Nouvelle-Écosse appliquaient toutes la common law
avant la Confédération. La province du Québec, par
contre, était à l'origine une colonie française
- la Nouvelle-France - qui utilisait le droit civil.
Après la conquête, les Britanniques ont garanti la
survie du droit civil dans l'Acte
de Québec de 1774. L'Acte
constitutionnel de 1791, toutefois, séparait la province
de Québec en Haut-Canada et en Bas-Canada. Le Bas-Canada
a conservé le droit civil; le Haut-Canada est rapidement
passé à la common law.
Autres influences sur la common
law canadienne
Normalement, les tribunaux sont obligés d'appliquer les lois
telles qu'elles sont adoptées. Cependant, la Charte canadienne
des droits et libertés, qui fait partie de la Loi
constitutionnelle de 1982, a donné aux tribunaux
la responsabilité de s'assurer que les lois n'enfreignent
pas les droits individuels.
Le Comité
judiciaire du Conseil privé (CJCP) a également
joué un rôle dans la common law. Il a fallu
attendre jusqu'en 1949 pour que tous les appels au CJCP cessent.
|
Pour en apprendre davantage sur la common
law :
|
Droit civil
Définition
Le droit civil est le type de droit qui a évolué à
partir du droit romain, axé sur un " code civil "
écrit. Ce droit a été adopté en France
après la Révolution française en 1789. Appelé
Code Napoléon, il couvrait seulement les questions de droit
privé :
-
Les attributs légaux d'une personne (p. ex. le nom,
l'âge de la majorité)
-
Les relations interpersonnelles (p. ex. le mariage, l'adoption,
la filiation)
-
La propriété (p. ex. la possession, les frontières
territoriales)
-
Les institutions juridiques régissant ou administrant
ces relations (p. ex. testaments, ventes, locations, partenariats)
Par un langage ordinaire et par la nature spécifique de
chaque règlement, les codes civils sont conçus pour
être faciles à comprendre et à appliquer. Ils
ne comptent pas autant que la common law sur les précédents.
Le droit civil est utilisé dans beaucoup de pays d'Europe
de même qu'au Québec.
Le droit civil en Nouvelle-France
: la Coutume de Paris
La Nouvelle-France est devenue une province royale en 1663, bien
avant la Révolution. Louis XIV a décrété
qu'elle suivrait la Coutume de Paris. Il s'agissait de la législation
régissant la région entourant Paris (Île de
France) à l'époque. Il y avait différentes
" coutumes " en différents endroits, mais après
1580 la Coutume de Paris est devenue prédominante en cas
de conflit entre coutumes. Les ordonnances royales de même
que les décisions et les édits du Conseil
Souverain de la Nouvelle-France étaient également
importants. Le code a été modifié pour refléter
la situation de la Nouvelle-France en 1667, en 1678 et en 1685.
L'administration de la justice en Nouvelle-France incombait à
l'intendant et suivait la méthode
inquisitoire. Cela signifiait que l'accusé était
présumé coupable jusqu'à ce qu'il puisse prouver
son innocence. Les procès duraient jusqu'à ce que
le juge qui le présidait décide que suffisamment de
preuves avaient été entendues pour rendre un jugement.
Le système était relativement peu coûteux, efficace
et rapide, les sentences et les jugements étant parfois exécutés
le même jour.
La justice était généralement bien administrée
puisque les fonctionnaires étaient bien formés et
professionnels. Le Conseil Souverain était le tribunal d'appel.
Certains textes sur la Coutume de Paris et son évolution
en Nouvelle-France :
Le code civil
Un code civil fixe les concepts organisateurs, les principes, les
règles et les idéaux de droit. L'élaboration
d'un code civil bilingue pour le Canada-Est
(encore appelé Bas-Canada dans son titre) a commencé
en 1857 et devait régler les problèmes soulevés
par le mélange de la common law britannique et de la Coutume
de Paris. Il abolissait également le système
seigneurial.
Inspiré par le Code Napoléon de 1804, le Code
civil du Bas-Canada a été édicté
en 1866. Il comprenait quatre volumes traitant :
Le Code civil du Bas-Canada est resté inchangé
jusqu'en 1955, année où l'on a commencé à
y apporter des changements. À la fin des années 1980,
on a réalisé qu'une révision majeure s'imposait.
Un nouveau Code civil du Québec est entré en
vigueur le 1er février 1994. Il comportait dix volumes :
1. Les personnes (p. ex. droit personnels fondamentaux,
règles de résidence, vie privée)
2. La famille (p. ex. mariage, filiation, adoption)
3. Les successions (p. ex. testaments, héritages,
successions)
4. La propriété (p. ex. possession, frontières
territoriales, emprises routières)
5. Les obligations (p. ex. droit contractuel, responsabilité
civile (droit de la responsabilité délictuelle),
ventes, locations)
6. Les hypothèques (c.-à-d. hypothèques
et vente immobilière)
7. La preuve (p. ex. fardeau de la preuve, règles
de la preuve)
8. Les prescriptions (c.-à-d. statuts de prescription)
9. La publicité des droits (p. ex. inscription de
la propriété)
10. Le droit international privé (régit le
règlement des questions juridiques touchant des personnes
à l'extérieur du Canada)
Ce nouveau code intègre des concepts de la common law. Il
fait toujours l'objet de débats puisque certains de ses règlements
chevauchent la sphère de compétence du gouvernement
fédéral telle que définie dans l'Acte
de l'Amérique du Nord britannique de 1867 (désormais
rebaptisé Loi constitutionnelle de 1867) et la Loi
constitutionnelle de 1982.
|
Pour en apprendre davantage sur le code civil
:
|
Bibliographie
Beaudoin, Gérald-A. Constitution. L'Encyclopédie
canadienne. Fondation Historica du Canada, 2000. (En ligne :
<http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?TCE_Version=A>,
consultée le 1er novembre 2002).
Brierley, John E.C. Constitution. L'Encyclopédie canadienne.
Fondation Historica du Canada, 2000. (En ligne : <http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?TCE_Version=A>,
consultée le 1er novembre 2002).
Gérald-A. Beaudoin. Constitution. L'Encyclopédie
canadienne. Fondation Historica du Canada, 2000. (En ligne :
<http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?TCE_Version=A>,
consultée le 1er novembre 2002).
Macdonald, Roderick A. Code civil. L'Encyclopédie canadienne.
Fondation Historica du Canada, 2000. (En ligne : <http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?TCE_Version=A>,
consultée le 1er novembre 2002).
Waddams S. et J. Droit Brierley. L'Encyclopédie canadienne.
Fondation Historica du Canada, 2000. (En ligne : <http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?TCE_Version=A>,
consultée le 1er novembre 2002).
Zuber, Thomas G., David Zuber, John Zuber, et W.H. Jennings. Canadian
Law. Cinquième édition. Toronto: McGraw-Hill Ryerson,
1991.
|