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Photographe: L'école industrielle indienne de Fort Qu'appelle et des tipis à l'extérieur de la clôture de l'école, Lebret, 1884 / Archives nationales du Canada / PA-182246
Droit d'auteur/Source

Les écoles autochtones

Dès les années 1870, le gouvernement fédéral s'est efforcé de convaincre les autochtones qu'ils avaient besoin d'écoles pour devenir des membres productifs de la société canadienne. Mais le prix de ces écoles allait, après coup, s'avérer très lourd de conséquences : elles sont à la source de bien des problèmes sociaux qui affectent les communautés autochtones d'aujourd'hui. Pendant que les écoles résidentielles de la fin du XIXe et du XXe siècle nous sont bien connues, des premières tentatives de bâtir de telles écoles remontent à l'époque de la Nouvelle-France.

Les politiques scolaires d'avant la Confédération
Les politiques scolaires d'après la Confédération
Les problèmes


Les politiques scolaires d'avant la Confédération

Les missionnaires catholiques, qui cherchaient à aider et à éduquer les autochtones, ont fait construire les toutes premières écoles résidentielles en Nouvelle-France et dans ce qui est aujourd'hui le Nouveau-Brunswick. Mais ces écoles étaient peu répandues.

Après la conquête de la Nouvelle-France, les premières écoles confessionnelles pour les autochtones furent dirigées par des méthodistes et des anglicans dans le Haut-Canada au cours des années 1830. L'administration coloniale britannique et le Bureau colonial ont peu à peu appliqué une politique d'assimilation.

Il était souhaité que les autochtones puissent être transformés en colons dociles, dont le mode de vie serait basé sur l'agriculture et qui croiraient en un Dieu chrétien comme leurs contreparties européennes. Ces écoles dispenseraient un enseignement religieux qui leur transmettrait des valeurs européennes, tout en leur enseignant les principes de base de l'agriculture et d'autres métiers reliés à l'industrie agricole.

Ces écoles ont jeté les bases de l'établissement d'autres écoles semblables sur les Prairies canadiennes à compter des années 1880.

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Chippewa Indians of the River Thames (London, Ont.) Industrial School Treaty, Feb. 12, 1849

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Photographe: Filles micmaques dans une classe de couture à l'école résidentielle indienne de Shubenacadie, de profession catholique romaine, à Shubenacadie, N.-É., 1929/ Archives nationales du Canada PA-185530
Droit d'auteur/Source

Les politiques scolaires d'après la Confédération
Au cours des années 1870, le gouvernement fédéral s'est efforcé d'établir des écoles résidentielles et industrielles de jour pour desservir les autochtones durant la négociation des traités numérotés. Les écoles de jour seraient situées à proximité ou sur les réserves; les écoles résidentielles seraient établies dans des régions plus éloignées. Avant les années 1950, une partie de la journée était consacrée à l'étude à l'intérieur de ces écoles alors que, durant l'autre partie de la journée, les élèves apprenaient les techniques agricoles.

Ces écoles étaient financées ou administrées par le gouvernement fédéral ou par les Églises anglicane, catholique, méthodiste et presbytérienne (qui deviendra éventuellement l'Église Unie). Avec le temps, le rôle du gouvernement fédéral a diminué et, pour survivre, ces écoles furent forcées de compter sur le travail des élèves autochtones et les dons des paroissiens.

Le gouvernement fédéral favorisait surtout les écoles résidentielles, car il croyait qu'au fur et à mesure que les autochtones deviendraient autosuffisants, ils auraient tendance à dépendre de moins en moins des fonds du gouvernement. À l'époque, la plupart des payeurs de taxes habitaient le centre et l'est du Canada et le gouvernement ne voulait s'attirer la colère des électeurs en dépensant beaucoup d'argent sur les peuples autochtones vivant dans l'Ouest canadien.

Le gouvernement a aussi soutenu ces écoles estimant qu'elles aideraient la jeunesse autochtone à s'adapter et à mieux tolérer l'arrivée des colons européens blancs dans les Prairies.

Au début, les chefs autochtones étaient heureux d'accueillir ces écoles. Plusieurs chefs pensaient que ces écoles aideraient leurs peuples à tirer profit des nouvelles technologies et permettraient à leur jeunesse d'acquérir des compétences utiles.

Mais les Églises et le gouvernement fédéral croyaient, pour leur part, qu'en se servant de ces écoles pour supprimer leur culture, leurs coutumes et leurs langues, ils pourraient transformer les autochtones pour en faire des citoyens modèles et plus productifs. Ceci allait engendrer des conflits entre les autochtones et le gouvernement fédéral pendant près d'un siècle.


Le saviez-vous ?

Avant 1883, des écoles industrielles et résidentielles avaient commencé à faire leur apparition dans pratiquement toutes les provinces canadiennes, à l'exception de la plupart des provinces maritimes. Le gouvernement jugeait que la plupart des autochtones vivant dans les Maritimes, sauf la Nouvelle-Écosse, avaient été suffisamment assimilés dans la société canadienne et que, par conséquent, ces écoles n'y étaient pas nécessaires


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Iroquois Indian Residential School Treaty, Caughwanaga, Québec, Nov. 9, 1881

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Bay of Quinte (Deseronto, Ont.) High School Treaty, May 17, 1889
(No 267)

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Assiniboia Industrial School Certificate of Ownership, Mar. 27, 1894

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Assiniboia Industrial School Duplicate Certificate of Ownership, July 15, 1895

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Calgary Industrial School Certificate of Ownership, Dec. 5, 1894

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Calgary Industrial School Duplicate Certificate of Ownership, May 16, 1896

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Alexander Morris's note about the administration of Indian schools

 
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Les problèmes

Photographe : Chiens labourant des champs de patates d'une école résidentielle, 1921 / Archives nationales du Canada / PA-121601
Droit d'auteur/Source

Ces écoles furent la source de bien des problèmes et inquiétudes :

  • Elles étaient des terrains propices à la propagation de maladies souvent fatales comme la petite vérole et la tuberculose.

  • Il était défendu aux élèves de pratiquer leurs coutumes autochtones ou de parler des langues autochtones.

  • Elles étaient peu entretenues, au point de poser de sérieux problèmes et sécurité ou de santé.

  • Elles furent la source de beaucoup d'animosité entre le gouvernement et les parents autochtones qui refusaient de laisser partir leurs enfants.

  • Elles étaient peu équipées pour vêtir convenablement les élèves, surtout pendant la saison hivernale.

  • Elles furent sujettes à des incendies majeurs qui étaient souvent allumés délibérément par des enfants à problèmes.

  • Les denrées alimentaires servies dans ces écoles manquaient souvent de valeur nutritionnelle.

  • Les travaux exigés des élèves étaient très durs et demandaient beaucoup d'efforts physiques.

  • Les instituteurs étaient souvent si mal équipés qu'ils se voyaient limités à enseigner des idéologies religieuses totalement étrangères à leurs élèves.

  • Les taux d'absentéisme y étaient élevés, tant chez les instituteurs que chez les élèves. (Il arrivait même que des élèves se sauvent de l'école.)

En fait, plusieurs historiens partagent l'avis que ces écoles étaient responsables d'avoir formé des enfants qui, à l'âge adulte, éprouveraient divers problèmes de comportement antisocial. Beaucoup jettent le blâme de cet échec sur le sous-financement gouvernemental et le désintérêt ou la résistance des autochtones.

Bien que le gouvernement ait augmenté les sommes allouées à ces écoles au cours des années 1950, elles furent enfin soumises à un examen attentif de la part du public. Les écoles disparurent l'une après l'autre. La dernière école de ce genre ferma ses portes en 1996.


Le saviez-vous ?

En 1907, le Dr Peter Bryce, ancien inspecteur médical du département des Affaires indiennes, a estimé qu'entre 25 et 50 % des élèves qui fréquentaient ces écoles mouraient des suites d'une maladie, d'abus motivés par la race ou d'autres raisons. Source: Hidden from History: The Canadian Holocaust


Pour plus d'information sur les écoles résidentielles, visitez :

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