Les journaux de tranchées de la Première Guerre mondiale

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Cette collection de journaux militaires ou « journaux de tranchées » de la Première Guerre mondiale a été développée dans le cadre du projet des anciens périodiques canadiens car ils jettent un nouvel éclairage sur les réactions des soldats du Corps expéditionnaire canadien face à la guerre, et ce tant sur le plan social que sur le plan culturel. Reconnus pour leur intelligence et leur humour noir, les journaux de tranchées offrent une sélection sans pareil d’articles poignants et empreints d’ironie et d’humour soumis par les hommes de troupe de l’armée canadienne postés en France. Nous y trouvons entre autres des lettres, des poèmes, des caricatures éditoriales, des distinctions militaires, des relations d’événements sociaux, ainsi que des reportages plus étoffés sur la vie militaire et civile. Les titres suivants ont été sélectionnés en raison de leur valeur pour les enseignants, les généalogistes et les chercheurs intéressés par l’histoire sociale, militaire et des communications :

The Listening Post (journal du 7e bataillon canadien d’infanterie, 1916-18)

The Canadian War Pictorial (1916-18)

The McGilliken (journal du nu. 3 Canadian General Hospital, 1916)

The Rouelles Camp Magazine (journal du Canadian Base Depot, Le Havre, 1916-19)

In & Out (journal du Canadian Ambulance Field Corps)

The Brazier (journal du 16e (Canadian Scottish) Battalion,1916)

The Iodine Chronicle (journal du nu. 1 Canadian Field Ambulance, 1915-1918)

Vie Canadienne (journal du Canadian Section, General Headquarters, 3e échelon, 1915-18)

Western Universities Battalion, 196th (1916)

Chevrons to stars (journal du Canadian Training School, 1917)

Contenu

"Our Canadian Boys" poem

Le journalisme de tranchée visait à soutenir le moral des troupes et à instaurer une culture militaire en leur procurant un dérivatif qui leur permettrait de socialiser, de partager leurs exploits et d’évacuer les frustrations provoquées par la vie militaire. Les colonnes contenaient des informations sur les matchs de football et les concerts, des points de vue satyriques sur la guerre exprimés par des civils, une tribune où les officiers pouvaient s’adresser aux militaires d’autres rangs et des vers dont certains avaient tendance à amuser ou à s’autodénigrer, alors que d’autres se rapprochaient de la poésie mélodramatique et patriotique véhiculée dans la propagande gouvernementale.

Malgré la liberté dont jouissaient les auteurs dans les tranchées comparativement aux agences dont les dépêches hautement censurées étaient transmises à domicile, ces publications, dont la responsabilité était de maintenir la détermination militaire et l’enthousiasme, montraient peu d’appétit pour des articles carrément pessimistes. Sous les bougonnements des soldats se cachait une attitude allègre et optimiste qui renforçait les valeurs humanistes, démocrates et chrétiennes visées par le Canada dans le conflit et les sentiments d’accomplissement et de fierté qui s’y rattachaient. Les omissions sont peut-être encore plus révélatrices : les réalités des combats, de la violence et de la souffrance n’y sont qu’effleurées. La puissance accrue des tirs, qui façonnent des paysages dévastés sous l’effet des explosions, contraste vivement avec les thèmes traités par les soldats qui s’inspirent de Kipling pour invoquer et relater leurs propres expériences.

Pour le plus grand bonheur des étudiants et des généalogistes d’aujourd’hui, les journaux de tranchées fêtaient aussi les exploits individuels ou des unités et encourageaient les saines rivalités dans divers domaines tels que l’athlétisme, les débats, la musique, et, si l’on veut bien le croire, les compétitions plus exotiques :

Au sujet des anciens périodiques canadiens

Pour en savoir plus sur les APC, notre projet visant la numérisation de tous les périodiques canadiens d’avant 1920 : comment il a vu le jour, comment il fonctionne et les trésors qu’il contient.